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mercredi 10 décembre 2008

Souvenirs helléniques en ce temps de crise...

         

Un détour par ma seconde maison s'impose: Athènes 12/2008

Quelle tristesse… je viens d’apprendre que le building dans lequel nous avions installé/centralisé les Back Offices, un de mes projets principaux lors de mon VIE, a été brûlé. L’immeuble est idéalement placé pour les casseurs : sur la place de Monastiraki.

Avec ces événements, plusieurs phénomènes m'alarment...

1. Le mal profond est irrationnel

Les cris des manifestants «des balles pour les jeunes, de l’argent pour les banques » sont sans queue ni tête, sans lien logique, sans fondement rationnel. Et pourtant ils sonnent juste.

Le mal ressentit par les minorités helléniques est plus que présent et profond : éducation, chômage, pouvoir d’achat (comme partout), mais surtout injustice, corruption, trouble d’identité européen. Maux à mille lieux de la crise mondiale que nous traversons. Pendant que les minorités sont dans la rue la bourse hellénique grimpe.

(Petite parenthèse : finalement, la crise financière ne rééquilibrerait-elle pas la donne en touchant en premier les propriétaires de valeurs mobilières et immobilières.)

2. La première ligne du front dans le centre d’Athènes
Ces émeutes sont impressionnantes car elles sont en plein centre de la ville d’Athènes, sur les places de Syntagma, Monastiraki, Exarchia, ou Omonia. Le berceau de la démocratie est envahit par les pilleurs et les casseurs.

Exarchia est le quartier des étudiants et Omonia le quartier des immigrés. Cela ne vous semble-t-il pas étonnant ? Ici, les universités et quartiers étudiants et immigrés sont en centre ville. (D’où le charme de la ville d’Athènes). A Paris les facs sont en « périphérie » et les immigrés sont en cité, tous en banlieue. Parquez vos populations susceptibles un jour d’avoir des problèmes dans vos banlieues et vous serez tranquilles dans les belles villes. Les français avaient compris la leçon en mai 68. Tel est le modèle contemporain français, on le sait et surtout on ne le change pas.

3. Athènes 12/2008 via Paris 11/2005 : 3 jeunes tués par des flics
Hormis la conception des villes françaises et helléniques, ces émeutes nous rappellent sans aucun doute les émeutes de novembre 2005.

A Athènes, le 8 décembre 2008 un adolescent est tué par balle par un policier ; en région parisienne le 27 octobre 2005 deux adolescents poursuivis par des policiers se cachent et se tuent par électrocution Le parallélisme est facile, l’histoire se répète. Les actes de nos jeunes mineurs sont des pulsions symptomatiques notre malaise social, et conséquences directes irréfléchies de notre modèle… D’où le fait que de tels événements mobilisent et prennent à cœur.

En novembre 2005, l’opposition demande la démission du Ministre de l’Intérieur. Il deviendra notre Président, no comment. Aujourd’hui l’opposition hellénique demande la démission de leur gouvernement…

4. Où sont les propositions?

Les émeutiers sont aveuglés… cassent, pillent pour détruire parce que la colère est là et que personne n’a arrêté son escalade. A ce jour, le problème va rester entier : l’opposition n’a pas de proposition, le gouvernement pourra étouffer les violences.

Etouffer les maux sociaux ils reviendront au galop ?

Allez je laisse les professionnels étudiés ces phénomènes et moi je garde mes images en tête