Comme toujours la réponse n’est ni blanche ni noire… Et comme je suis
formatée, regardons les pours et les contres.
Les pours :
1. Ce pays est une atteinte directe aux droits de l’homme. De nombreux sites
touristiques ont été rénovés par des travailleurs forcés
2. La junte militaire a essayé au cours des dernières années d’attirer les
touristes. En 1996, l’oligarchie a lancé le programme de l’année touristique au
Myanmar à travers le monde.
3. Il est impossible de visiter la Birmanie sans donner de l’argent à la
junte. A l’entrée de pagode il y a le stand : Entrance Fee for Foreigners,
et plus simplement pour le visa 200RMB, la taxe de départ 10$
4. Aung San Suu Kyi, birmane élue avec une majorité incontestée n’a jamais
pu prendre ses fonctions. N’étant pas conforme aux attentes de la junte, elle a
été interdite par les militaires d’exercer ses fonctions. Elle est aujourd’hui
assignée à résidence à Yangon après quelques étapes d’emprisonnement. La Prix
Nobel de la paix appelle au boycott et a demandé aux touristes de visiter la
Birmanie plus tard.
Après de tels arguments, il semble inenvisageable d’y mettre les
pieds.
Alors, lisez les contres :
1. Les birmans réclament la présence des étrangers. A plusieurs reprises des
birmans nous on demandé de parler à nos amis et de leur dire de venir visiter
leur pays ! Ils ont besoins de nous.
2. D’autres pays sont en train d’envahir le pays sans scrupule. La Chine est
présente partout et exploite les birmans en rapatriant les capitaux directement
en Chine sans qu’aucun ne figure dans les comptes birmans et sans élevé d’un
centime le niveau de vie de birmans.
3. En principe la monnaie locale, le kyat, est inconvertible et inaccessible
aux étrangers. Et jusqu’en 2002, les touristes avaient l’obligation d’échanger
200$ en bond local FEC – Foreign Echange Currency – ces bonds devant être
dépensés sur place dans des endroits réservés. Il est donc théoriquement
impossible de financer ou d’acheter quoique se soit aux locaux et tous nos
dollars auraientt du partir à la junte. Aujourd’hui il inutile d’échanger des
FEC et il est très facile de troquer des kyats, par conséquent on peut financer
aisément le marché locale et donner le minimum à la junte.
4. L’industrie touristique finance majoritairement les locaux et les gens
avec peu de revenus : l’artisanat, les services, les transports,
l’hôtellerie par le biais de Guest House. Beaucoup d’hôtels précédemment sous
la propriété de la dictature ont été vendus faute de moyen. Les logements
touristiques sont majoritairement détenus par des fonds privés birmans.
5. Les droit de l’homme ont moins de possibilités d’être violés là ou les
étrangers sont présents. Si les étrangers sont moins présents la junte peut
renforcer les oppressions sans être vu/entendu et sans rendre de compte à la
communauté internationale.
6. Les lieux touristiques développent des infrastructures de
télécommunications, comme Internet par exemple.
En conséquence et j’en suis convaincue, le boycott de la Birmanie ne pénalise aucunement la junte mais uniquement les birmans, les gens ordinaires. Paradoxal...



